séance du mercredi 20 septembre et cahier de texte ( Première partie)

 Rappel de la réception des enregistrements reçus mardi que nous exploiterons vendredi 22 septembre.

Les personnes qui n'ont rien envoyé doivent le faire ou envoyer leur interview par écrit!

I. Première partie du cours:  réflexion sur le concept de "nature" à partir des textes que vous avez écrits. 

Pour moi la nature, c'est...

Rappel du procédé de l'anaphore: commencer chaque phrase par les mêmes mots. 

Découverte de la phrase présentative par C'est ou voila...

 Vocabulaire: Découverte de la notion de" terme générique": arbre" est un terme générique, un mot ensemble que l'on peut décliner en ses différentes composantes: pin, sapin, pommier, cerisier, baobab , tilleul, platane etc 

L'écrivain essaye avec la langue de représenter le monde de la façon la plus précise possible: Nommer les choses, ne pas se contenter des termes génériques, recréer avec les mots la saveur du monde.

Quelques pistes évoquées dans le cours:

La nature est une notion courante, que tout le monde maîtrise tant qu’on ne demande pas de la définir. C’est normal : aucune définition consensuelle n’en existe, et ce terme est rejeté par la plupart des disciplines académiques, autant en sciences qu’en humanités. Pourtant, il demeure, et mieux : il est éminemment politique – et encore plus à l’heure où l’idée de « protéger la nature » se fait pressante.

La « nature » est essentiellement demeuré un terme « vulgaire » dans les langues européennes, et n’a presque jamais fait l’objet d’une théorisation académique avancée, mis à part dans l’expression « nature humaine », qui eut son heure de gloire au XVIIIe siècle sous l’impulsion de David Hume ou Jean-Jacques Rousseau.

Pourtant, la crise écologique a remis l’idée de nature sur le devant de la scène, et le mot est aujourd’hui partout : cela montre bien qu’il ne veut peut-être pas « rien dire », et qu’il n’est pas réellement substituable non plus. A l’heure où on dit la nature « en crise », ou chacun voudrait la « protéger » voire la « changer », il est plus que jamais impératif d’avoir une idée claire de ce concept.

Le mot est formé à partir du verbe latin nascor, qui signifie « naître ». . Ce serait donc, étymologiquement, la manière dont on est né, une sorte de caractère primordial 

A la période classique, où les jeunes Romains de bonne famille vont parfaire leur éducation intellectuelle en Grèce, ce mot est choisi pour traduire le grec phusis, et va en fait se calquer sur son emploi. Or, la phusis est l’un des concepts les plus complexes de la philosophie grecque.Mais avec un sens et un usage qui varient énormément d’un auteur à l’autre, ou plus précisément d’une école philosophique à l’autre. A la fin de l’apogée de la Grèce, Aristote tente un catalogue de ces sens, et en énumère quatre principaux  :

  • génération de ce qui croît ;
  • élément premier immanent d’où procède ce qui croît ;
  • principe du mouvement premier pour tout être naturel ;
  • et fond premier dont est fait ou provient quelque objet artificiel.

On pourrait schématiser ces quatre définitions par : croissance, principe, puissance et substance. Nous voilà donc en pleine physique– terme d’ailleurs inventé à l’occasion –, et encore bien loin de la biologie et de l’environnement. 

C’est en fait la christianisation de l’Europe qui va bouleverser le sens du mot natura. En effet, dans la cosmologie chrétienne , toute dynamique ne peut provenir que de Dieu : c’est lui et lui seul qui crée le monde et l’anime, il est au-delà de la nature et rien n’est au-delà de lui – alors que chez les Grecs, les dieux étaient soumis à la nature, ils étaient encore, à leur manière, des animaux, animés de pulsions, de passions et de besoins. L’ensemble du réel n’est plus, chez les monothéistes, qu’une création, un ensemble d’objets passifs conçus et disposés par le démiurge, et dont seul émerge l’Homme, qui à la fois fait partie de cette création mais est appelé à la transcender. Cette hiérarchie est une idée extrêmement originale, qui ne semble présente dans aucun autre grand bassin civilisationnel : l’Homme n’est alors plus tout à fait une partie de la nature, et toute la valeur de son existence réside en fait au-delà de la nature, dans le Royaume de Dieu. 

Ce n’est qu’à la Renaissance que la nature fait son grand retour dans le paysage intellectuel européen, suite à la redécouverte des textes antiques, mais sans réelle théorisation de son sens : la nature est alors vue soit comme l’ensemble de la création (incluant l’Homme ou pas), l’ensemble des forces physiques qui règlent le monde (« lois naturelles »), ou même une sorte de puissance abstraite du réel, parfois allégorisée en « Nature » avec majuscule, sorte d’émissaire terrestre de la volonté divine, voire de pendant féminin et bienveillant du Père tout-puissant (la nature était déjà allégorisée à la fin de l’Antiquité sous la figure maternelle d’Isis, qui sera plus tard laïcisée dans l’idée de « mère Nature » 

Malgré ce désamour du monde académique, « nature » demeure le 419e mot le plus utilisé de la langue française sur les 60 000 que recensent les dictionnaires usuels. Il a subi plusieurs effets de mode ponctuels, autant à la période romantique qu’avec la révolution culturelle des années 1960-70, notamment grâce à son caractère fondamentalement subversif puisque l’opposition entre « nature » et « culture » en fait le recours parfait dès lors qu’il s’agit de contester l’ordre établi (« retour à la nature ») – et cela alors même que « ordre établi » est précisément l’un des sens de « nature »  .

Dans les dictionnaires énormément de définitions que l'on peut regrouper sous 

quatre grandes idées :

  • L’ensemble de la réalité matérielle qui ne résulte pas de la volonté humaine (s’opposant à l’artifice, l’intention et la culture) ;
  • L’ensemble de l’univers en tant que lieu, source et résultat des phénomènes matériels, dont l’Homme ou du moins son corps (s’opposant au surnaturel, au métaphysique ou à l’irréel) ;
  • La force au principe de la vie et du changement (s’opposant à l’inertie, à la fixité et à l’entropie ;
  • L’essence, l’ensemble des propriétés physiques spécifiques et des qualités d’un objet, vivant ou inerte (s’opposant à la dénaturation)

 Le concept de "nature" est complexe, il fait l'objet de débat. il pose la question de son rapport à la notion de culture: ce que l'homme cultive, ce qu'il fabrique, ce qui vient des civilisations humaines et serait second par rapport à la "nature". Il pose la question d'un dedans et d'un dehors: la nature est-elle un cadre pour la vie humaine? L'homme fait-il partie de la nature? Faut-il remplacer le concept de "nature" par celui de "vivant"?

A faire: relire tous les textes "Pour moi la nature, c'est" et relever les passages de vos camarades qui vous plaisent , ceux qui vous posent question, ceux qui amènent quelque chose de nouveau dans votre réflexion. ( 2ème partie du cours Nouvel article: Lecture du poème "Sensation de Rimbaud.)

Révisez ce que nous avons fait depuis le début de l'année. 

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